• Révélation : le "placo vert hydrofuge” n’est pas étanche !

    Bien connu des professionnels comme des bricoleurs, le placoplâtre vert, communément appelé hydrofuge, doit faire face aux idées reçues.

    Plus globalement, nous nous intéresserons ici à l'étanchéité des parois d'une pièce humide, telle que la salle de bain.

    Qu’est ce que le "placo vert" ?

     

    Il s’agit d’un type de plaque de plâtre recommandé pour les pièces humides : salle de bain, cuisine… mais aussi cave et garage, reconnaissable par sa couleur verte.

     

    À sa fabrication, les parements sont hydrofugés pour accroître la résistance de la plaque aux gonflements en milieu humide.

     

    Le placo vert est souvent identifié comme “hydro” par les fournisseurs. En étant attentif, on remarque que la plaque de plâtre est définie comme hydrofugÉE et non hydrofugE.

     

    Revenons à la définition du mot hydrofuge : “Qui protège de l'humidité, qui fait une barrière contre une infiltration d'eau, imperméable.”

     

    En faisant le raccourci, nombre sont ceux d’entre nous qui estiment que la pose de plaques de plâtre hydro suffit pour assurer l’étanchéité autour d’une douche ou d’un évier.

    Placo vert hydrofuge salle de bain

    La réglementation

    Nous nous intéresserons ici aux locaux classés EB+ (voir classement des locaux) qui correspondent aux pièces à forte hygrométrie : par exemple les salles d’eau, les celliers non chauffés, garages d’après le CSTB.


    Deux catégories de locaux classés EB+ se distinguent : à usage privatif et à usage collectif.

     

    EB+ à usage privatif :
    En règle générale, les Avis techniques et DTA (Documents Techniques d’Application) délivrés par le CSTB permettent l’utilisation de plaques de plâtre “hydro”.
     

    Pour la liaison entre les plaques, des enduits spécifiques doivent toutefois être utilisés.

     

    EB+ à usage collectif :
    Les Avis techniques et DTA (Documents Techniques d’Application) délivrés par le CSTB permettent l’utilisation de plaques de plâtre “hydro” avec protection du support.
     

    Bien entendu, pour la liaison entre les plaques, des enduits spécifiques doivent aussi être utilisés.

    L'usage

    La grande question est : pourquoi différencier les locaux EB+ à usage privatif et collectif ?


    En utilisant uniquement du placo hydro dans un local classé EB+ privatif, un dégât des eaux a de grandes chances de survenir après quelques années d’utilisation. En effet, bien qu'en posant de la faïence (et ses joints), celle-ci ne constitue pas non plus une protection étanche.


    Même si en général il s’agit uniquement d’une auréole dans une chambre, sur la face opposée à la douche, celle-ci témoigne bien de la présence d’eau dans la cloison.

    La solution recommandée par Plateo

    Pour des ouvrages de qualité et durables dans le temps, nous vous conseillons donc d’ajouter une protection, y compris dans les locaux classés EB+ à usage privatif.
     

    Celle-ci peut être liquide (type SEL, SPEC) ou une natte de désolidarisation/étanchéité.


    Nous avons évoqué dans cet article le cas des cloisons en plaques de plâtre. Cependant, il est aussi important d’ajouter une protection étanche et imperméable sur les autres supports comme la brique.

    La solution alternative

    Pour éviter l’ajout d’une protection étanche, les fournisseurs proposent désormais des plaques de plâtre insensibles à l’eau et l’humidité, avec des parements étanches : Glasroc® H Ocean, HydroProof®...

    À ne pas faire

    Une solution proposée régulièrement lors de l’apparition d’une auréole d’humidité : ajouter une nouvelle plaque de plâtre par dessus la faïence existante puis remettre de la faïence sur la nouvelle plaque de plâtre. Pour faire simple, rajouter une couche.
     

    Cela n'empêche pas le dégât des eaux, mais le retarde !

    Conclusion

    Comme souvent dans le bâtiment, la conclusion peut se limiter à un proverbe connu “Celui qui croît qu'un professionnel coûte cher, n'a aucune idée de ce que peut lui coûter un incompétent!”.


    Autrement dit, les économies réalisées lors de la mise en oeuvre de la cloison seront largement perdues lorsqu’il s’agira de refaire la cloison ou le doublage suite à un dégât des eaux...